Le carnet des écharpes, foulards & accessoires Édition été

Le keffieh, cette écharpe venue de Palestine qu'on porte depuis des décennies

Echarpe palestine

Le keffieh est une écharpe à carreaux, généralement noir et blanc ou rouge et blanc, originaire du Proche-Orient. En France, il se porte depuis les années 1970, tantôt comme accessoire militant, tantôt comme simple pièce de mode. On vous dit tout sur ce tissu qui ne laisse personne indifférent.

Qu'est-ce que l'écharpe palestine exactement ?

Le keffieh (ou kufiya) est un carré de coton tissé, traditionnellement porté par les hommes arabes pour se protéger du soleil et du sable. Le motif le plus répandu est le quadrillage noir et blanc, appelé "hatta". La version rouge et blanc est plutôt associée à la Jordanie.

En Occident, on l'a surnommé "écharpe palestine" parce que Yasser Arafat l'a rendu visible internationalement dès les années 1960-70. Mais le vêtement existait bien avant - c'est un accessoire paysan et bédouin ancien, pas un symbole inventé pour la cause.

La matière de base est le coton. Les modèles traditionnels sont tissés en coton légèrement rêche, avec une frange nouée aux extrémités. Certaines versions contemporaines mélangent coton et polyester, ce qui les rend plus souples mais moins respirants. Les vrais keffiehs tissés à la main, notamment au village de Hébron, ont une texture bien particulière qu'on reconnaît au toucher.

Le symbole politique : assumer ou éviter ?

Mon avis sans détour : porter un keffieh en 2024, c'est s'exposer à des lectures différentes selon les gens qui vous croisent. Ce n'est pas neutre. Certains y verront un accessoire de mode, d'autres un positionnement politique fort. À vous de savoir ce que vous portez et pourquoi.

C'est la question qui revient systématiquement. Le keffieh est devenu un symbole de solidarité avec la cause palestinienne depuis les années 1960, popularisé par les mouvements étudiants, puis par la mode street dans les années 2000. Des marques comme Urban Outfitters ont essayé de le vendre et se sont fait critiquer pour appropriation culturelle.

La réalité, c'est que beaucoup de gens le portent simplement parce qu'il leur plaît, sans arrière-pensée. D'autres le choisissent précisément pour ce qu'il représente. Les deux sont valides, mais il est honnête d'être conscient du bagage symbolique que cet accessoire porte avec lui.

Comment le porter en pratique

Le keffieh est un grand carré, généralement autour de 120 x 120 cm. Ça ouvre pas mal de possibilités.

En écharpe classique : on le plie en triangle, on le drape autour du cou, on laisse les deux pans retomber devant. Simple, efficace pour l'automne ou le printemps.

Style médina : on l'enroule autour de la tête et du cou, façon chèche. Ça protège vraiment du vent et c'est le port d'origine. Très fonctionnel pour le vélo ou les journées venteuses.

En foulard noué : plié en triangle, noué lâchement sur le côté. Un peu bohème, ça fonctionne bien avec un manteau uni.

En étole : déplié, simplement posé sur les épaules. En version coton fin, c'est presque un châle léger pour les soirées d'été.

Le keffieh coton noir et blanc est le plus polyvalent : il s'accorde avec presque tout. Le rouge et blanc est plus marqué, plus "look". Les versions colorées (bleu, vert, bordeaux) existent mais s'éloignent du motif traditionnel.

Où trouver un vrai keffieh ?

TypePrix indicatifNotes
Keffieh tissé Hébron25-45 eurosFait main, coton épais, durable
Keffieh coton standard10-20 eurosBonne qualité, souvent fabriqué en Chine
Version polyester bas de gamme5-10 eurosTient moins bien, gratte parfois
Keffieh de marque (collab mode)50-120 eurosMatière soignée mais symbole dilué

Les boutiques spécialisées dans les produits du monde arabe ou les épiceries orientales dans les grandes villes en ont souvent. En ligne, plusieurs associations vendent des keffiehs fabriqués à Hébron - l'une des rares fabriques encore en activité sur place, ce qui a une signification propre.

Marques mode qui en ont proposé : Isabel Marant, A.P.C., des collections militaires chic. Mais pour un vrai keffieh tissé traditionnel, mieux vaut aller ailleurs.

Entretien et durabilité

Le coton, ça se lave bien. En machine à 30 degrés, programme délicat. Évitez le sèche-linge si votre keffieh a des franges nouées - elles s'emmêlent. Lavage à la main dans l'évier, ça marche très bien aussi.

Un keffieh coton de bonne qualité tient des années. La frange s'effiloche un peu avec le temps, c'est normal. Certains préfèrent ça - ça donne un côté vécu qui n'est pas désagréable.

Le repassage ? À la vapeur, sans trop d'appui. Le coton se froisse mais ça repart facilement. Pas besoin d'apprêter ou de traitement particulier.

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Keffieh vs chèche vs étole : les différences

On confond souvent ces trois accessoires. Un keffieh est spécifiquement ce carré quadrillé arabe, en coton. Un chèche est une longue bande de tissu (souvent plusieurs mètres) enroulée autour de la tête et du cou, d'origine saharienne ou touarègue. Une étole est un rectangle large, souvent en matière noble (soie, cachemire), qu'on drape sur les épaules.

Les trois ont en commun d'être des pièces de tissu qu'on peut nouer, draper ou enrouler. Mais leurs origines et leurs usages sont distincts. Le keffieh reste le plus identifiable à son motif - le quadrillage est sa signature, autant que le tissu lui-même.

Chaque année, quelques marques de prêt-à-porter sortent leur "version keffieh" - un imprimé géométrique qui emprunte au motif sans assumer le nom. C'est une autre façon de porter cette esthétique, sans le poids symbolique. Après, c'est une question de ce qu'on cherche vraiment dans un accessoire.

Vous portez le vôtre depuis des années ou vous hésitez encore à franchir le pas ? La première fois que j'en ai noué un autour du cou, c'était pour me protéger du vent sur un marché en plein air - et j'ai reçu trois commentaires dans la même journée. Ça dit quelque chose sur la puissance d'un simple carré de coton.

Écrit par

L'équipe DiYa

On teste écharpes, foulards et accessoires avant d'en parler : maille, grammage, finitions et tenue dans le temps. Des conseils matière, sans détour.

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